Aaron Parks a intitulé son premier album pour ECM « Arborescence » parce qu'il est le fruit d'une séance en studio d'improvisations au piano où peu de choses étaient préparées à l'avance. Les pièces qui y figurent se sont développées sur le moment, comme des « êtres vivants », selon les mots de l'artiste. « Je sentais comme si la musique prenait forme sous mes doigts et allait là où elle le devait, de façon arborescente. » On peut entendredans cette musique des échos d'Arvo Pärt, Paul Bley, Erik Satie ou encore Kenny Wheeler ; mais cet album est surtout profondément intime et singulier. Si l'on écoute attentivement on peut entendre Parks fredonner les mélodies à l'unisson du piano, comme s'il jouait seul, pour lui-même, dans son salon.C'est une musique d'une grande poésie contemplative « que j'ai joué souvent sans intention déterminée », avoue-t-il, « comme dans un état de rêve éveillé ou de réminiscence semi-consciente. »