Il semble que le Concerto pour violon était l'une des ouvres préférées de Schönberg parmi sa propre production. Ecrit en 1934, un an avant que Berg ne commençât le sien, il est dédié à « Mon cher ami et compagnon d'armes Dr Anton Webern » ; mais en termes purement musicaux, il s'approche quand même plutôt du langage lyrique et ample de Berg que de celui, plus cellulaire et concentré, de Webern. Par extension, on pourrait même tirer une longue ligne entre ce concerto et l'art du développement de Brahms, dans son usage de la variation mélodique, quand bien même ladite mélodie emprunte au dodécaphonisme. Tout à fait autre chose, Dreimal tausend Jahre et De Profundis datent des deux dernières années de la vie du compositeur, qui renoue ici avec une certaine notion de tonalité, quand bien même le chour a capella est sérieusement sollicité en termes d'intonation. Le De Profundis, en fait, est l'ultime ouvre achevée du compositeur, un véritable testament musical. Enfin, Ode à Napoléon pour récitant, piano et quatuor, est à prendre au second degré : Schönberg reprend à son compte un texte férocement critique de Byron à l'encontre de l'empereur, écrit en 1814 (« C'en est fait ; hier encore ton front portait une couronne, ton bras faisait trembler tous les rois : aujourd'hui tu n'es pour eux qu'un objet de mépris ; et cependant tu respires encore ! Quoi ! ce même homme qui, naguère possesseur de mille trônes, avait couvert la terre des cadavres de ses ennemis, a pu survivre à sa défaite !. »). Curieusement, la série développée par le compositeur se finit sur un dessin résolument tonal et le dernier accord est tout simplement en mi bémol majeur, la tonalité de la Troisième de Beethoven, elle-même napoléonisante. Sans doute n'est-ce pas là un hasard.
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