Concerto pour piano n°5 "L'Empereur" - Symphonie n°4
Description
Furtwängler en 1950 et 51, peu d'années après avoir reçu enfin le feu vert des autorités de dénazification, peu d'années avant de disparaître, a eu le temps de diriger quelques enregistrements tout à fait extraordinaires, alliant l'incandescence qui le caractérise (ainsi que parfois la légère imprécision qui le caractérise également) dans des conditions techniques autrement plus favorables qu'au cours de la guerre, et sans le risque de se prendre une bombe sur le coin de la baguette. Certains avanceront que, justement, cette sensation d'urgence et de fuite en avant qui caractérise les enregistrements de la Guerre en font une partie de l'impétuosité, mais on constate qu'en 1951, le vieux Furtwängler possède encore toutes ses dents. Le voici en compagnie d'Edwin Fischer, dans une vision d'une spontanéité d'autant plus phénoménale qu'il s'agit d'un enregistrement de studio ; mais ni le chef, ni le pianiste, ni l'orchestre ne semblent avoir eu cure des micros et de la lumière rouge : on fait de la musique, sortie du ventre, du cour, de l'esprit, en pleine prise avec la vraie vie, avec tout ce que cela comporte de prise de risque. Magnifique. Tout aussi magnifique est la Quatrième de Beethoven, pas sa symphonie la pus jouée ni la plus célèbre, ici sous les doigts du Philharmonique de Vienne en 1950 - ce n'est donc pas l'enregistrement de 52, plus aisément disponible. Comme à son habitude, le chef tire les tempi, les dynamiques, les contrastes, n'hésitant pas devant certains effets de surprise, mais dans une continuité agogique absolument sans aucune faille. Belles remastérisations à partir de matrices fort heureusement bien conservées.
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