Vanessa Paradis, dont on sait tout et rien, a profité de l’avènement des Britney Spears à la française au talent inversement proportionnel au tour de poitrine, pour se faire une place à part. Fatiguée de sa réputation de petite puce qui n’irritera finalement jamais personne, elle a depuis peu repris sa carrière en main, fait un bébé avec Johnny Depp et enregistré en 2000, « Bliss », un album où se croisait la crème supposée de la nouvelle chanson française (M, Monnet). Ce live enregistré en fin de tournée au Zénith le 24 mai dernier, est l’exact reflet de Vanessa aujourd’hui : probablement sincère, plutôt bien fichu, mais pas vital car émaillé de défauts de taille. Ici, comme dans ses disques studio, c’est surtout la qualité des chansons qui pèche et même si Steve Nieve, l’ex-pianiste d’Elvis Costello déjà récupéré par Alain Chamfort, fait des pieds et des mains d’orchestrateur pour sauver l’ensemble, on ne peut déplorer que Van manque à ce point de discernement. Sans surprise, Sunday Monday de Lenny Kravitz, Walk On The Wild Side qu’on ne présente plus ou L’Eau à la bouche et Requiem pour un con du grand Serge sont les meilleurs d’un lot qu’on aurait préféré plus gros, car Vanessa elle, telle une Tracy Bonham bien de chez nous, donne réellement le maximum. Même si son élocution agace parfois (ou fait partie de son charme, c’est selon), on doit reconnaître que son parcours reste des plus décents. Empruntée aux Zombies, This Will Be Our Year confirme qu’elle a mieux qu’un filet de voix, et du nez (petit) pour les reprises. Vivement alors qu’elle s’entoure de vrais compositeurs.
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