S'aventurant dans un entre-deux, entre figures médiévales et décadence contemporaine, Urq, musicien de La Nouvelle-Orléans (membre du duo art punk Spllit), revient avec un nouvel album solo. Enregistré en un mois intense, This Dismal Village est un document intimiste, à mi-chemin entre punk nerveux, psychédélisme mélancolique et bedroom pop accrocheuse. Enregistré sur quatre pistes, l'album fait de la contrainte un moteur de création, donnant naissance à un son brut, troublant et profondément atmosphérique. L'album ne se situe ni dans letemps ni dans l'espace, mais dans un environnement liminal où visions dystopiques et vestiges archaïques coexistent. Dans ce village lugubre, rois et sorcières partagent l'espace avec télévisions, gratte-ciel et entreprises modernes ; des fanfares d'orgue résonnent dans les rues peuplées d'habitants mécontents et de chuchotements. C'est à la fois le Moyen Âge, la banlieue des années 1950 et une métropole du XXIe siècle. L'anachronisme était au coeur de l'identité du projet, une tentative de condenser l'histoire en un présent unique et troublant. Sur le plan sonore et philosophique, l'album s'inscrit pleinement dans la tradition du rock brut et sans fioritures des cassettes. L'influence de Bee Thousand de Guided By Voices est prépondérante, notamment pour sa capacité à construire un univers entier à partir d'enregistrements bruts, en prises directes. Le concept des « quatre P » de Robert Pollard (psychédélique, punk, prog et pop) résume parfaitement les instincts musicaux de l'artiste, et chaque élément se retrouve au coeur même de This Dismal Village. L'inspiration provient également du « son de Calgary » post-punk, un mouvement informel mêlant pop psychédélique, post-punk et math/prog, avec une approche artisanale et sans prétention. Le résultat est un album qui se déploie comme un lieu exploré, inquiétant, parfois familier, et impossible à situer dans le temps. Tout a été filmé avant que cela ne disparaisse comme une apparition, comme un rêve à moitié oublié.