Dès les premières notes, on entend une guitare cristalline et une voix douce qui évoque des « scènes urbaines saisies dans l'instant », avant que la batterie n'entre en scène et que le morceau ne démarre ! C'est ainsi que débute l'élégance percutante et puissante du nouvel album de The Spatulas, A Blue Dot. The Spatulas, c'est Miranda Soileau-Pratt et les musiciens qu'elle recrute pour donner vie à sa vision. Tout a commencé en Oregon, où leurs premiers albums, comme March Chant et Beehive Mind, brillaient de la mélancolie intimiste de Beyond the Implode et de la magie psychédélique de Garbage and the Flowers. Mais si ces influences sont toujours présentes, A Blue Dot est complètement nouveau. Un déménagement à Cambridge, dans le Massachusetts, et un changement dans la composition du groupe ont transformé une douce mélancolie en une énergie rock débridée. La nouvelle formation (le guitariste Luke Einsiedler, le bassiste Elijah Bodish et le batteur Greg Witz) a condensé le son de The Spatulas en une explosion sonore puissante et mélancolique. On retrouve ici la pop post-néo-zélandaise glorieuse des SF Seals de Barbara Manning, ainsi que le tourbillon dense de Rain Parade. Enregistré avec brio au Suddenly Studio par Emily Robb, mixé par Evan Mersky et masterisé avec une cohésion parfaite par Sarah Register, l'ensemble sonne avec puissance et assurance. Depuis la fin de l’enregistrement de l’album, Miranda et Elijah ont déménagé dans l'Indiana où un nouveau line-up a vu le jour. Mais la bonne nouvelle est que ce groupe n'a pas dit son dernier mot et, espérons-le, ce monde impitoyable existera encore assez longtemps pour assister à une tournée sur la côte est américaine durant l'été 2026. Autant avoir au moins une chose à attendre avec impatience !