Issus d'une K7 tirée à 25 exemplaires en 1980, ces morceaux enregistrés à l'arrache sur un dictaphone et sur du matériel volé, laissent déjà entrevoir le succès que Stephan Eicher connaitra avec son frère l'année suivante et le projet Grauzone (remember leur hit "Eisbaer"). Bref, synthé chétifs, chant habité, etboîtes à rythme au supplice. A 16 ans, Stephan Eicher s'installe à Zurich et intègre l'école F+F, version alternative et radicale des Beaux-Arts. Il se familiarise avec les techniques vidéo, bien décidé à devenir cinéaste. En parallèle, il organise des happenings et concerts dada avec une petite troupe de potes baptisée Noise Boys, qui ne survivra que quelques mois. Il tente alors de reproduire seul quelques titres du répertoire des Noise Boys, qu'il se réapproprie au gré de délires enregistrés sur un dictaphone ; avec à disposition, un clavier Roland Promars, un Korg MS20 et une sublime CR78 Beat Box qu'il fait passer dans une pédale de distorsion Big Muff pour avoir le son crado qui va bien. Il baptise ensuite ironiquement la K7 issue de cette session improvisée "Stephan Eicher spielt Noise Boys". Cette merveille comporte sept morceaux qui sont ceux que vous retrouvez ici réédités. En 1980, suite au mouvement de la jeunesse zurichoise auquel Stephan Eicher participe, il fonde avec son plus jeune frère Martin le groupe Grauzone, orienté électro-industriel (on ne peut pas parler de techno-pop à l'époque). Avec le tube "Eisbaer", Grauzone connaît un véritable succès ( 600 000 singles vendus). En 1983, Grauzone, dont la signature chez la major EMI a été une erreur, est déjà moribond, et Stephan amorce gentiment son virage variété avec un premier album, "Les Chansons bleues", mais tout cela est déjà une autre histoire...