Après les difficiles et inégaux « A Thousand Leaves » et « NYC Ghosts & Flowers », il est agréable de voir Sonic Youth revenir en grande forme. « Murray Street », premier album du groupe nouvelle version (Jim O’Rourke est désormais musicien à part entière), démarre lentement avec trois longs morceaux portés par des guitares curieusement sages. Puis, lentement, la sauce Sonic Youth reprend et tout s’assemble. La gloire d’hier, tout ce qui a contribué à la singularité de « Daydream Nation », revient dans une version plus accessible : des mélodies presque pop sont soigneusement perverties par des guitares aux accordages expérimentaux, puis, par de longues révolutions musicales qui rappellent à ceux qui l’auraient oublié que le groupe de Kim Gordon, Lee Ranaldo, Thurston Moore et Steve Shelley doit autant à Sun Ra qu’à Television, même si, en fin de compte, c’est plus à une sorte de Grateful Dead post-no wave que l’on songe. Version indé de l’expérience hippie du Dead, Sonic Youth (plus très jeune, au fait), se lance dans de grandes échappées en territoires vierges, improvise, expérimente, puis retombe sur ses pattes et revient à sa place. Parfois ça marche, souvent, ça ne marche pas. « Murray Street » fait partie de ces précieux albums du groupe voyant miraculeusement tout fonctionner. Une aubaine.
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