Après une période de grand stress, Powerplant est de retour avec son album le plus puissant à ce jour. Bridge of Sacrifice émerge du chaudron : un voyage jubilatoire et imprégné de black metal, au coeur des sonorités les plus lourdes et gothiques.Powerplant, le projet solo de Theo Zhykharyev, artisteukrainien installé à Londres, se distingue par sa basse envoûtante, ses lignes de synthé incandescentes et ses refrains vocaux mélancoliques. De son premier album, People in the Sun (2019), un opus synth-punk lo-fi qui a fait sensation, à Stump Soup (2022), un album instrumental dungeon-synth, en passant par l'EP Grass (2023), véritable kaléidoscope sonore, sans oublier ses explorations rock des années 80 sur le sombre 45 tours « Crashing Cars » et l'EP Heat, inspiré par Michael Mann.Sur « Bridge of Sacrifice », le deuxième album de Powerplant, Zhykharyev réinvente une fois de plus le groupe, le transformant en une bête gothique. Sa voix, puissante et dramatique, est affûtée après des années de tournées. Les synthés caractéristiques des premiers morceaux de Powerplant, évoquant Gary Numan, s'enrichissent de cordes orchestrales, d'un piano à queue et de choeurs célestes. La batterie, lourde et profonde, remplace les samples de boîtes à rythmes numériques vintage. La palette musicale s'étend encore davantage grâce aux émouvantes interventions au violoncelle d'Hani Hooper, qui apportent une touche macabre à ce gâteau musical.Bien que ce nouvel opus soit conçu dans un style metal extrême et inquiétant, « Bridge of Sacrifice » reste fidèle à l'essence même de Powerplant. Les morceaux qui le composent reposent sur une écriture pop accessible et des mélodies vocales accrocheuses. L'exploration audacieuse des genres qui caractérise l'album maintient la fraîcheur du voyage musical, nous emmenant à travers les profondeurs et les extrêmes du metal-punk, du blackgaze, de l'indus et du folk acoustique. La malveillance nouvellement découverte est neutralisée par l'espièglerie et l'humour familiers de Powerplant qui, mélangés comme de la peinture, absorbent le nouvel auditeur dans une dichotomie intrigante d'éléments confrontants.La production a bénéficié d'une refonte majeure. L'album a été mixé et masterisé par Stanley Gravett (Idles, The Horrors, High Vis) au coeur de Hackney, aux studios Holy Mountain. Les premiers albums de Powerplant, autoproduits, offraient une chaleur lo-fi nostalgique, un son doux et légèrement flou. Depuis, le groupe a mûri, s'épanouissant au rythme du talent de Zhykharyev pour l'écriture, le chant et le jeu de guitare. La richesse atmosphérique de Powerplant provient de la superposition des textures, sublimée par les techniques de finition précises de Gravett. Le black metal n'a jamais sonné aussi net et affirmé.Ce nouvel album de Powerplant regorge de moments forts et de surprises. Chacun des onze titres possède sa propre identité, son thème et sa sonorité. Il s'affranchit avec audace de l'esthétique sonore traditionnelle du groupe, explorant des territoires musicaux inédits sur des bases plus pop. On peut s'y déchaîner, réfléchir, rire et danser dans un tourbillon de thèmes et d'émotions, le tout imprégné d'une esthétique gothique. On a l'impression qu'Halloween n'est jamais vraiment terminé et que nous sommes le 164e octobre.