Cinq des CD de ce coffret (Brandebourgeois et concertos pour clavecin(s) principalement) sont ceux-là mêmes qu'on trouvait dans l'intégrale Brilliant de 2002 (155 cd). Pas d’interprétations de référence, mais des versions sur instruments anciens honorables. Des solistes comme R. Beaudet au violon, P. J. Belder, au clavecin tirent bien leur épingle du jeu dans les Brandebourgeois, et le flûtiste W. Hazelzet est, quant à lui, tout à fait remarquable. Ceci dit, on trouve sur le marché, à des prix équivalents ou moindres encore des versions supérieures de ces œuvres archi-enregistrées : les Brandebourgeois époustouflants de Brüggen, Kuijken, Bylsma, Leonhardt etc. de 1976-1978, ou leur "réunion" idéale dans un double CD des "indispensables de Diapason" — Café Zimmermann, Concert des Nations, Akademie für alte Musik Berlin, Age of Enlightenment… et Leonhardt Ensemble, encore ! Et puis, les concertos de clavecin par Leonhardt, toujours lui !). Les Concertos pour violon sont cette fois-ci presque tous interprétés par les Amsterdam Bach Soloists : version préférable à celle, rigide et plutôt contrainte de Verhey et de la Camerata Antonio Luco retenue dans le coffret géant. C'est plus fluide, plus rond, plus animé. La vraie nouveauté de ce coffret réside dans les "reconstitutions" de concertos qu'offrent les 2 derniers CD (2011-2013) : il arrive que le matériau de certains concertos pour clavier soit dispersé et "pré-utilisé" ailleurs, notamment dans diverses cantates, avec une distribution instrumentale différente. D’autre part, la transcription, on le sait, est familière à Bach et son époque. Enfin, l'analyse musicologique montre que ces concertos présentent parfois des traits d'écriture renvoyant à la technique de jeu d'un autre instrument ce qui amène à penser qu'ils pouvaient avoir eu, plus tôt, une autre forme. Arguments qui justifient ces "reconstitutions-restitutions" où hautbois et hautbois d'amour, instruments de prédilection dans les cantates, mais aussi dans l'entourage du compositeur, à Leipzig, à la cour etc., se taillent la part du lion. On peut trouver pour le moins paradoxal que ces partitions "reconstituées" soient interprétées, de façon honnête, mais académique, sur instruments modernes dans le CD 8, alors que les œuvres qui sont censées découler d'elles sont jouées quant à elles sur des instruments anciens. Dans le CD 9 (sur instruments anciens), le 1052 avec orgue est curieux mais peu convaincant ; les autres concertos sont réussis. Intégrale plutôt inégale, et d’un intérêt qui reste dans l’ensemble limité. (Bertrand Abraham)
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