Œuvres orchestrales

Description

Tout commence un soir de janvier 1937, à Boston où le chef Dimitri Mitropoulos achève son deuxième séjour par la Symphonie en ut de Schumann. Invité à suivre répétitions et concert, l’étudiant Bernstein sent, au cours de l’Adagio espressivo, son « coeur éclater dans un mélange terrible de fierté et d’abattement ». Conçue au fond du gouffre, achevée au retour de la lumière en 1846, cette Symphonie no 2 le poursuivra longtemps. Bernstein chef d’orchestre est né par elle, commençons de même [CD I, 1-4]. L’influence de Mitropoulos ne s’arrête pas là. Une saison plus tôt, le chef grec avait soufflé Boston en dirigeant du piano le Concerto no 3 de Prokofiev, numéro de voltige que son admirateur reproduira en substituant Ravel à Prokofiev. Pianiste magnifique, Bernstein jouait dès cette année 1937 le Concerto en sol, qu’il dirigera du piano pour la première fois à Londres en 1946 et dont il fera l’un de ses tout premiers disques comme directeur du New York Philharmonic en 1958 [CD II, 2-4]. Naissance d’une vocation, doublée d’un credo : interpréter, c’est « faire un avec l’oeuvre comme si elle était de moi ». A Mitropoulos, son genius boy doit aussi la connaissance du lieu émotionnel où opère Tchaïkovski, entre aveu romantique et arche classique. En 1957, pendant les quelques mois qu’ils partagèrent au New York Philh’, l’aîné avait enregistré le Capriccio italien, cette « Rome-sur-Volga » composée peu après Eugène Onéguine ; ce qui n’empêchera nullement le cadet de graver le même poème symphonique avec le même orchestre pour le même éditeur trois ans plus tard. Hommage ou bras de fer : électrisant cette fois encore [CD I, 7]. Ruy Blas aussi, Ouverture brossée en trois jours par un Mendelssohn à qui la « pièce ignoble » de Victor Hugo inspira l’une de ses partitions les plus dramatiques, avait été enregistrée à New York par Mitropoulos, sept ans avant que le disciple se mesure au maître – quel toupet ! Quel panache [CD I, 6]. Nul modèle en revanche lorsqu’il s’agit de marier l’orchestre sérieux au musical joyeux, exercice où Lenny excella toute sa vie. Le jeune chef n’avait pas encore foulé le sol français et déjà parlait le double langage de Gershwin, avec les formes et l’accent, lorsqu’il enregistrait Un Américain à Paris, autre poème symphonique, où le klaxon des taxis sur les Champs-Elysées secoue le jazz mélancolique de Harlem [CD II, 1]. Détour par la deuxième (dite « III » !) des quatre Ouvertures que Beethoven écrivit pour son unique opéra (Leonore, rebaptisé Fidelio) – Bernstein l’aimait tendrement, et fera ses adieux aux Met avec elle en 1983 [CD I, 5]. Pour finir où le voyageur souhaitait finir, sur cette île à deux têtes, l’une tournée vers son pays natal, l’Amérique des grands espaces et de la mélodie spontanée où la Symphonie « du Nouveau Monde » vit le jour en 1893, l’autre vers l’Europe centrale de ses ancêtres dont le Bohémien Dvorak est la voix claire, ardente et, elle aussi, double [CD II, 5-8]. (Ivan A. Alexandre)

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Informations produit

  • Album Œuvres orchestrales
  • Artiste New York Philharmonic Orchestra
  • Date de sortie 01/07/2018
  • Distributeur FNAC (feed Awin)
  • Format CD
  • EAN 3701025805492
  • Nombre de disques 1

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