On imagine aisément la pression que le métier a dû mettre sur les épaules de l'Américain Moby, l'ancien techno kid venu du punk, passé de l'underground à la lumière en dispersant dans la nature plus de douze millions d'exemplaires de « Play », son quatrième album. Inventeur de l'ambient pop faite maison (à New York en l'occurrence), Moby a séduit sans machiavélisme, étonné le premier que son amalgame de textures synthétiques, de grooves contraints et de samples vocaux poussiéreux fassent la quasi-unanimité. Flatté oui, mais certainement pas enivré, il utilise cette fois les mêmes ingrédients, de vraies voix (issues de vrais invités) venant se substituer à certains échantillons. Ainsi, Azure Ray participe à la douceur de Great Escape, Mc Lyte et Angie Stone sévissent ensemble sur le rap électronique Jam For The Ladies et la délicieuse Sinead O'Connor rehausse par sa simple présence l'entêtant Harbour, probablement la plus marquante des 18 compositions proposées. We Are All Made Of Stars, premier single obligé, Signs Of Love ou Extreme Ways, chantées par l'artiste, le font sonner comme un Dave Stewart lo-fi, démarche certes pas intentionnelle et encore moins rédhibitoire. De même, il y a du Ryuichi Sakamoto bien consommé dans certains passages instrumentaux de cet album joué de bout en bout par un seul homme (18, évidemment), fruit d'une masturbation plus sonique qu'intellectuelle.
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