Avec Phantom Radio, composé avec l'aide de l'application pour téléphone mobile Funk Box, c'est le Mark Lanegan Band de Blues Funeral (2011) qui fait son retour, un an après la parenthèse en duo - avec l'Anglais Duke Garwood - de Black Pudding (2013). Le leader à la voix éraillée ne change pas ses (bonnes) habitudes et c'est non sans un malin plaisir qu'il enrobe son blues moderne d'harmonies et de rythmes électroniques, en contrepoint d'histoires cafardeuses. Hanté par le spectre de la petite et de la grande mort, de « Judgement Time » à « Death Trip to Tulsa » en passant par « The Killing Season » et autres réjouissances, Phantom Radio parsème son propos sombre de mélodies fortes, et parfois lumineuses, comme celle des « Harvest Home » ou « Floor of the Ocean ». En fin de compte, peu importe que la colonne vertébrale soit invariablement métronomique ou que les sonorités synthétiques ont remplacé le crissement des guitares (tapies dans les tons mineurs), car les dix chansons de cette balade inquiétante - compter cinq de plus pour l'édition limitée - tiennent parfaitement debout, à l'instar de l'innocent « Seventh Day », du magnifique « Torn Red Heart », ou de « I Am the Wolf », une élégie funèbre résumée par cette sentence : « Je ne fais que mourir depuis le jour de ma naissance ». Plus loin, c'est une majestueuse déploration, « Waltzing in Blue », qui vient raviver les souvenirs d'un amour évanoui, dans un concert de guitares, de synthétiseurs et de choeurs. En visitant ses sentiments enfouis et les confrontant à la noirceur de visions cauchemardesques, Mark Lanegan réussit à transcender son sujet par une inspiration éclatante, évitant le piège de l'auto-apitoiement.
Achetez Phantom Radio au meilleur prix
Cette page contient des liens affiliés. En tant qu’affilié eBay Partner Network, Vinyles.com perçoit une commission sur les achats éligibles, sans surcoût pour vous.