La discothèque idéale de Diapason, volume 3 - Beethoven : Les 9 Symphonies

Description

Chaque pièce est si spéciale chez Chopin, si différente de la suivante et de la précédente, que je n'apprécie pas les mêmes pianistes d'un opus à l'autre. » Nikolai Lugansky, enrôlé dans l'équipe (mi-critiques mi-pianistes) qui sélectionnait les enregistrements du Volume II de cette Discothèque idéale, résumait sans le ¬savoir son principe. La remarque ne vaut pas moins pour les symphonies de Beethoven, qu'interprètes et éditeur ont pris l'habitude d'enregistrer par intégrales dès les années 1930. Méthode étrange dans ces partitions où le compositeur invente neuf fois le genre symphonique, remodèle sans cesse son temps, sa forme, reconstruit l'orchestre. Les -cinéphiles découvraient en 1971 Orange mécanique et en 1975 Barry Lindon : le fossé entre les deux films de Stanley Kubrick n'est pas plus mince que celui qui sépare la Symphonie no 5 et la « Pastorale », pourtant créées lors du même concert. Reprenons donc le principe des comparaisons (à l'aveugle ou pas), mêlons les experts de Diapason, deux musicologues de tout premier plan et les interprètes majeurs de Beethoven aujourd'hui. Mais changeons la règle du jeu : chaque symphonie apparaîtra dans deux choix, pour le plaisir stimulant des confrontations mais aussi pour mesurer l'éventail des possibles. Les réalisations les plus convaincantes sont parfois - et même souvent dans ce coffret - diamétralement opposées. Beethoven se prête mal aux compromis. Mille mercis à tous ceux qui ont pris part aux sélections patientes : Ivan Alexandre, Jonathan Bellman, Nicholas Cook, Nicolas Derny, John Eliot Gardiner, Daniel Harding, Nikolaus Harnoncourt, Pablo Heras-Casado, Paavo Järvi, Piotr Kaminski, Rémy Louis, Christian Merlin, Yannick Nézet-Séguin, Alain Pâris, Simon Rattle, Jérémie Rhorer, Patrick Szersnovicz, David Zinman ! Yannick Nézet-Séguin, par exemple, a fait son choix entre neuf versions de l'« Eroica ». La consigne était la même pour tous : une préférence argumentée mais absolument subjective. Ces onze CD sont autant de miroirs, entre les choix des critiques et ceux des chefs, entre les chefs actuels et d'hier, entre notre époque déterminée à renouveler l'écoute de Beethoven et les interprètes qui ne faisaient pas autre chose dans les années 1930, 1940, 1950 ou 1960, mais que la distance du temps nous fait parfois assimiler à des traditions. Deux symphonies apparaissent trois fois : la première (dont la brièveté nous permet de partager ici une passion certes hors sujet pour le Beethoven de Frans Brüggen) et la dernière, dans la gravure parisienne de Schuricht et deux de Furtwängler (si le concert de 1942 retenu par Simon Rattle vous agresse par son paroxysme ou sa qualité sonore, commencez par le classique de 1951). Fêtons dignement un événement sans -précédent : la première intégrale des vingt symphonies de Beethoven ! (Gaëtan Naulleau)

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