L'Exil Loin Des Slows

Description

Fondés autour du romancier Jean-Pierre Montal, Les Mercuriales sortent, le 29 mai, leur deuxième album, intitulé L’exil loin des slows. Les improvisations de leur premier disque y côtoient une veine plus mélodique, portant des textes ciselés comme des nouvelles. Certains groupes saturent l’espace, d’autres se dissolvent pour réapparaître sous un nouveau visage. Les Mercuriales sont de cette catégorie. Formation à géométrie variable, rare en concert et connue pour ne jamais jouer un titre deux fois de la même manière, Les Mercuriales reviennent avec un disque de poids. Les Mercuriales s’isolent dans un loft d’Ivry-sur-Seine, avec Vincent Hivert (En Attendant Ana, Biche) et Paul Rannaud (Fat White Family, Insecure Men), pour forger un son brut, nourri par les arrangements inattendus des claviers de Sophie Massa (À trois sur la plage) et Frédéric Collay. Le résultat donne une collection unique de morceaux qui vont de l’échappée free hors de contrôle des saxophones de Stanislas de Miscault (Entracte Twist, Crush of Soul), à la chanson/nouvelle, jusqu’à un slow crève-cœur. Le tout porté par une sorte de crooner épuisé par les factures, l’actualité et les messages sans réponses qui s’empilent dans son portable. “La Face Nord” ouvre l’album et en fixe d’emblée la couleur : guitares à la The Band et texte conçu comme un prolongement du roman éponyme de Jean-Pierre Montal (Prix des deux magots 2024), chronique d’un amour impossible. La chanson se présente comme une sorte d’épilogue au roman, comme si son personnage principal repensait, plusieurs mois après, à la rupture racontée dans le livre. Cette atmosphère introspective se prolonge avec “L’autre nuit”, plongée insomniaque aux tensions feutrées, où l’influence des derniers Talk Talk se fait sentir. Plus loin, “La méthode Canadair” et “Stars du muet” explorent la fuite et l’incommunicabilité, tandis que ce dernier morceau accueille la premiére invitée de l’album Nathanaëlle Hauguel d’Ellah A. Thaun. En retournant le disque, En circuit court capture une tension brute et irréplicable, tandis que Jill Caplan prête sa voix au “Mode d’emploi du monde”. L’album se referme sur “L’exil loin des slows”, un slow, un vrai, pour tenir contre soi quelqu’un que l’on aime et danser sur le brasier de l’époque. La boucle est bouclée, sur fond de guitares claires, de claviers aériens et de flûtes rêveuses, à l’image de cet album lumineux et mélancolique qui fera désormais partie de nos vies.

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