Ils ne sont pas légion les disques qui parviennent à vous remuer jusqu'à chambouler les idées que vous vous faisiez jusqu'ici de l'art, de la musique, ou de la vie en général. De toute évidence, l'on est en présence d'un tel disque avec Ekstasis. En demeurant au seuil de l'abstraction,Ekstasis conserve une grande cohérence alors même que le traversent références et sonorités hétéroclites : comptines électro-acoustiques ou médiévales flirtant avec le genre classique, musique sérielle balayée par des tsunamis analogiques, des vagues synthétiques ou des dissonances free jazz (« Four Gardens »), plages féeriques dépassant largement le cadre indie.