Avec « Le Sang des Pierres », Gros Enfant Mort transforment l'épuisement en défi. Le groupe basé à Poitiers - enraciné dans la tradition post-hardcore française - crée un album qui ressemble moins à une catharsis qu'à une pure survie.Sortie en CD et en vinyle LP (coloré) chez Moment OfCollapse Records. Alors que « La Banalité du Mal » (2022) disséquait la cruauté ordinaire, « Le Sang des Pierres » l'intériorise. Ici, la dépression n'est pas traitée comme un échec personnel, mais comme le symptôme d'un système qui aliène et dévore. Le groupe ne cherche ni guérison ni rédemption - il témoigne. Musicalement, l'album frappe plus fort que tout ce qu'ils ont fait auparavant : dense, brut et implacable. Les guitares tranchent à travers des murs de bruit, la batterie martèle comme un coeur prisonnier, tandis que des fragments mélodiques fugitifs scintillent à travers les ruines. Chaotique, mais jamais sans direction - un portrait précis de l'effondrement et de la résistance, inextricablement liés. Et pourtant, au milieu de toute cette lourdeur, subsiste une lueur : « l'odeur de la pluie sur la terre sèche » - un rappel fragile que la vie persiste.Gros Enfant Mort parlent d'une « colère constructive » - non pas du désespoir, mais du refus. La décision d'avancer, même lorsque le sol se fissure sous les pieds.