En projetant en technicolor les influences de Morricone, Barry ou Portishead sur nos rétines consentantes, le premier album de Golfrapp (Felt Mountain, 2000) avait marqué les esprits. Va-t-il en être de même avec Black Cherry alors qu'Allison Goldfrapp et son partenaire Will Gregory semblent avoir voulu rénover leur image de cinéastes musicaux ? La pochette est un indice, le son en est un autre : après avoir tourné au grand angle, Goldfrapp est plus enclin à manier la DV pour capturer un son nettement plus technologique, sexy, et urbain. De quoi créer un beau contraste avec la voix d'Allison qui, tout en gardant ses qualités grandioses, se fait plus mutine et charnelle. Résultat de longues heures d'improvisation électronique, Black Cherry densifie le propos et renouvelle, non sans classe, une formule qu'il aurait été trop simple de reproduire. Comment ne pas penser à la rencontre Donna Summer/Giorgio Moroder sur "Strict Machine" ? Comment ne pas dodeliner de la tête sur le lascif "Train" ? Comment ne pas sentir l'émancipation nouvelle d'A. Goldfrapp irriguer le morceau "Twist" ? Jadis, on se contentait de rêver au contact de cette musique. On a maintenant le droit de danser. Black Cherry : un esprit sain dans un corps sain.
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