« Acid Floresta » est le résultat d'un processus de reconnaissance et de traduction sonore. Cet album est né de l'observation et de l'écoute des sons quotidiens qui façonnent l'identité sonore du quartier : le magasin du coin, le métro, la salle de billard, le coin de la rue. Desespaces où la musique n'est pas un choix mais une pulsation constante de la vie. Les percussions de la rue, l'écho d'une radio lointaine, le phrasé spontané d'une conversation - tout cela devient la matière première. De là, le processus passe au studio, où les basses, les synthétiseurs, les boîtes à rythmes et les samplers servent d'outils de traduction : ce qui commence comme une documentation de la réalité se transforme en une interprétation musicale. Pendant des années, la musique tropicale et le vallenato ont fait partie d'un paysage sonore qui coexistait avec des influences extérieures, générant à la fois distance et affinité. Mais dans ce va-et-vient entre le familier et l'inconnu, un fil conducteur s'est révélé : le sabor. Non pas comme un genre, mais comme une essence, une force vitale et irremplaçable. « Acid Floresta » est structuré en trois moments : la rue, qui offre un matériau sonore brut ; l'intimité du studio, où ces sons sont réinterprétés ; et l'étape de la performance, où la musique retourne dans la rue, clôturant ainsi le cycle. C'est dans ce dernier moment que sa véritable nature émerge : dans la vibration partagée, dans la capacité à danser, dans ce qui relie au-delà de la géographie et du contexte. L'album propose un dialogue entre l'intimité et l'expérimentation collective, entre la musique latine et la musique électronique, entre le brut et le traité. Un espace où la musique des rues et la musique de la floresta convergent pour créer une nouvelle mémoire sonore.