Le nouveau Bruit Noir est encore pire donc encore mieux que les deux premiers. Voire que les trois premiers, mais ça on ne saura jamais car ils sont directement passés à l'album IV/III. Comme si Jean-Michel Pires et Pascal Bouaziz voulaient d'entrée de jeu écarter l'idée de 'dernier album' aprèss'être échappés de Mendelson (RIP). Pour qui prendrait l'histoire en route, on ne s'étendra pas ici sur la formation dont Pascal Bouaziz a été durant un peu plus de 25 ans le seul membre permanent, 'groupe culte, inconnu' et saborde en grande pompe en 2022.Mais si l'aigreur est trop souvent le plus mauvais des carburants, Bruit Noir est l'exception qui confirme la règle, en en faisant l'un de ses principaux moteurs. En offrant à Bouaziz une porte de sortie à Mendelson, Pires l'a fait sauter d'un avion qui certes allait s'écraser sur une époque qui n'était plus la sienne, mais sans parachute. Et heureusement sans filtre.... musicalement, Bruit Noir reste fidèle à son esthétique minimaliste et répétitive. Les compositions de Jean-Michel Pires, entre abstract hip-hop et musique post-industrielle, captivent par leurs rythmiques. Les effets judicieusement utilises contribuent à créer une atmosphère brumeuse, une ambiance souvent sombre, mais parfois énergique voire envoûtante, signe d'une palette qui s'est élargie.Plus que jamais, les instrumentaux incisifs de Jean-Michel Pires servent de toile de fond et d'inspiration à Pascal Bouaziz, qui déploie tout son talent dans un spoken word sans concession, balançant des punchlines à rendre jaloux les meilleurs artilleurs du rap. Bruit Noir, c'est l'art de tirer sur tout ce qui bouge, tout en se mettant soi-même en première ligne.Qu'on ne s'y méprenne pas, IV/III ne marque pas pour autant une volonté de Bruit Noir de faire désormais dans le morbide ni dans la finesse. Exit d'ailleurs le noir et blanc du panda qui faisait la couverture du deuxième album : les visuels conçus cette fois encore par Simon Gosselin ou les clips bricolés par Mitch annoncent paradoxalement un Bruit Noir haut en couleur.Et encore, on ne parle là que de ce qui arrive sur le disque, car en live nul ne peut prédire, pas même Bouaziz, ce qui lui passera par la tète une fois sur scène, n'étant jamais avare de longues tirades pince-sans-rire, qui font de chaque concert un moment toujours unique, souvent inique.On verra pour les concerts, en attendant voici déjà le disque. Roulement de tambour, "c'est parti pour l'album de trop..."
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