C'est un album qu'on attendait avec d'autant plus d'impatience qu'ilest, pour partie, né sous nos yeux (entendons : en public). Pourmémoire : on connaît Bastien Lallemant depuis Les premiersinstants (2003) ; puis étaient venus Les érotiques (2005) et Leverger (2010). Mais où était donc passé le chanteur depuis cinq ans?Il faisait la sieste. À plusieurs de surcroît. Oui, depuis cinq ans,Bastien Lallemant propose aux quatre coins de la France et àl'étranger une expérience singulière : la sieste acoustique, unmoment d'abandon et d'écoute inédite durant lequel le public estinvité à s'allonger dans l'obscurité et à se laisser bercer par une poignéed'artistes qui chantent et disent des textes sous la lueur toutepoétique d'une simple ampoule suspendue.C'est ainsi que, sur la route, et toujours accompagné par ses complices(une « tribu musicale » à géométrie variable), Bastien Lallemanta écrit, composé et, d'ores et déjà, joué un certain nombre deses nouvelles chansons. D'où le désir légitime de réunir ce mêmepetit monde en studio et d'enregistrer l'album « en live ». Les voilàdonc réunis, celles et ceux qui l'ont accompagné et qu'il a lui-mêmeaccompagnés dans la demi-obscurité :JP Nataf et Seb Martel (les « réalisateurs »), Maëva Le Berre,Jean Thevenin, Pascal Colomb, Pierre-Olivier Fernandez, maisaussi Albin de la Simone, Maissiat, Françoiz Breut, Katel, DianeSorel, les Innocents... Sans oublier Charles Berberian pour «dessiner » l'enregistrement et illustrer le journal de création qu'onpourra trouver à la sortie des concerts au côté de l'album. Autantdire que « La maison haute » est, en premier lieu, une maisond'hôtes. Il faut les imaginer : calfeutrés au studio Vega (au pied duMont Ventoux) autour du chanteur et de sa Gretsch, enregistrés surbandes analogiques de là à saisir la chaleur organique et humainede l'aventure.Douze chansons donc, et autant d'histoires. Une sorte de recueil denouvelles chantées, avec ses décors et ses personnages ; des récitsciselés et un art subtil de la chute. Sujet ? L'amour. Ou plusexactement : la possibilité ou l'impossibilité de l'amour. Car s'il estune chose que nous partageons, c'est bien d'avoir à notre actifquelques amours « à terre », menacées, parfois disparues mais dontl'empreinte nous suit comme une ombre.Dans ce minimalisme musical subtil, on percevra des clins d'oeildélibérés au rock américain et des arrangements d'autant plusriches qu'ils ne haussent jamais le ton mais réservent des surprisespresqu'à chaque virage. Bastien Lallemant, lui, nous parle droitdans les yeux. De nos amours. La fresque est intime : le pouls en cinémascope, branché sur le coeur.
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