Histoire d'un album de légende : elle débute en 1989 sous l’impulsion d’un parfait inconnu : Guy Maurette, amateur de jazz et directeur du centre culturel de Malabo, capitale de l’île de Bioko. Celui-ci propose à Romano de partir en Guinée-Equatoriale donner une master-class. Un simple prélude. Rapidement, Maurette suggère au batteur une tournée en trio et ce, accompagné de Guy Le Querrec, photographe de l’agence Magnum passionné de jazz, fin connaisseur de l’Afrique et — coïncidence — ami d’enfance du contrebassiste Henri Texier avec qui Aldo joue justement depuis quelques temps. Le choix du troisième membre sera soufflé par « GLQ » en personne, qui désigne Louis Sclavis, brillant clarinettiste au style avant-gardiste. première tournée en février et mars 1990 à Libreville, Douala, Bangui et autres villes d’Afrique Centrale. Trois ans plus tard, rebelote : le quartet (anches, contrebasse, batterie et Leica, comme l’indique la pochette du disque) repart vers l’ouest à Bamako, Abidjan, St Louis du Sénégal... Au total, ces deux aventures représentent deux mois de rencontres musicales admirablement documentées par des pellicules en noir et blanc. « Au départ, on ne pensait pas être face aux musiciens africains, se souvient Henri Texier. On jouait dans les Alliances Françaises et autres centres culturels. Si cela s’est fait, c’est grâce au reportage de Guy. Rapidement, nous nous sommes aperçus qu’il était difficile de faire des photos, les Africains détestaient ça. Alors, nous avons eu l’idée d’aller jouer dans la rue de manière totalement impromptue. On avait un véhicule pour transporter les instruments et l’on s’arrêtait au bord de la route ou sur une place de village. Les gens ne savaient pas qui on était, d’où on venait et ne connaissaient pas nos instruments ; Aldo avait une batterie toute neuve ! Mais c’est dans ces moments que les musiciens locaux nous rejoignaient, avec des danseurs parfois, et tout semblait naturel (on gardait une pulsation bien sûr, pas de free jazz au programme). Ces photographies auraient été impossibles si tout cela ne s’était pas déroulé comme un échange. »."Ce trio a un son fascinant. Une énergie troublante et stimulante se dégage de la plupart des plages. « Une musique gorgée d'une expérience commune, enregistrée en état de grâce, la perfection technique semblant aussi naturelle qu'une respiration. (...) Le Carnets de routes de Guy Le Querrec fait l'objet, en accompagnement du disque, d'un livret de 96 pages Télérama TTTT " . "Enregistrement sans manipulation, sans gimmicks et d'une grande présence : son vrai et brut. Une réussite" CHOC .Jazz magazine
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