Le compositeur et musicien électronique parisien Désiré Niamké puise au plus profond de son âme pour son troisième album sous le nom Aho Ssan, définissant une nouvelle perspective sonore davantage motivée par la texture, la poésie et l'intimité que par une structure ou un concept rigide. C'est un changement d'approche que Désiré envisageait déjà depuis un certain temps, et qui transparaissait déjà dans « Ego Death », son album acclamé sorti l'année dernière en collaboration avec la violoncelliste polonaise Resina.Mais il a fallu un voyage au Ghana pour que Désiré comprenne qu'il devait moins se concentrer sur des formes concrètes et embrasser la physicalité brute et transformatrice du son lui-même. « Ce qui m'a le plus marqué, c'est l'intensité », explique-t-il. « Une organisation du bruit à la fois écrasante et magnifique. » Et c'est ce chaos vivant et palpitant qui imprègne « The Sun Turned Black », une suite d'abstractions denses, impressionnistes et souvent d'une beauté écrasante, qui prennent leur temps pour dériver et évoluer, sans jamais tomber dans un schéma prévisible. Ce n'est pas un album qui doit nécessairement répondre à des questions spécifiques ou arriver à une destination particulière. Désiré privilégie plutôt l'expérience elle-même, savourant le voyage.