Cet album est autant un hommage à la magnificence et à la complexité d'un instrument qu'aux oeuvres qui ont fait et marqué son histoire. Fasciné par l'orgue et par sa beauté depuis toujours, Jae-Hyuck Cho prend ici possession du Grand orgue de la Madeleine, un mythique colosse qui ne cesse aujourd'hui encore d'exercer sur les compositeurs comme sur les interprètes son magnétisme. À ce puissant vecteur d'imagination répond nécessairement le monument Bach, devant lequel le programme choisi par Cho s'incline : de la Toccata BWV 565 aux Fantaisies et Fugues sur thèmes du grand maître de Liszt, Jae-Hyuck Cho établit clairement la filiation dans laquelle il souhaite inscrire son jeu et offre ainsi un album pensé en kaléidoscope, où chaque fragment musical fait écho à son origine. Loin de ne considérer que les oeuvres majeures du répertoire, l'organiste ne s'enferme pas dans le poncif de la tradition et présente ici Pahdo, « vague » en coréen, oeuvre du compositeur Texu Kim, commandée et créée par lui. Il montre ainsi en quoi l'histoire musicale se prolonge, puisant chaque fois en ses racines.