{"product_id":"tara-clerkin-trio_somewhere-good_2026_dif_1","title":"Somewhere Good","description":"Si - dans un univers parallèle (ou peut-être une version proche de celui où nous sommes déjà condamnés à vivre) - les excès maléfiques de l'intelligence artificielle parvenaient réellement à créer une « musique originale » convaincante et agréable, plus précisément chargée de saisir parfaitement mes goûts personnels en analysant un cocktail explosif de données - je ne sais pas - les posters sur mes murs, les disques de ma pile « la plus écoutée », les mixtapes que j'aifaites pour d'autres, des scans physiques approfondis de mon cortex auditif, de mon amygdale, de mon hippocampe, de mes cordes cardiaques, bref, tout ce qu'ils ont disséqué sur leur table d'autopsie dans le but de générer un « groupe parfait » absolu à partir de la somme de leurs découvertes -, ce groupe, pour moi, serait (ou du moins sonnerait exactement comme) le Tara Clerkin Trio. C'est, tout simplement, sans exception, la musique que je veux écouter.Formé à Bristol (Royaume-Uni), ville dont aucun des membres n'est originaire mais où ils sont tous profondément enracinés, en 2020, le Tara Clerkin Trio - tel qu'il existe aujourd'hui, de manière assez démocratique malgré l'autorité que son nom suggère - se compose de Tara Clerkin, son partenaire Sunny Joe Paradisos et le frère de ce dernier, Patrick Benjamin. J'avoue ne pas connaître leurs rôles respectifs au sein du groupe et je n'ai guère envie de le savoir. En effet, ce que j'apprécie le plus dans une écoute objective, c'est le mystère de qui joue de quel instrument, de quels sons sont « authentiques » et de quels sons sont synthétisés, de quels passages sont joués « en direct » et de quels morceaux sont méticuleusement retravaillés mesure par mesure, ou encore de la manière dont ce son d'ensemble est obtenu avec une telle (apparente) facilité. Cependant, je soupçonne que si jamais j'assiste à un concert de ce groupe, mon plaisir d'écouter leur musique ne sera en rien altéré par une meilleure compréhension de leur fonctionnement.Avec deux mini-albums exceptionnels - In Spring (2021) et On The Turning Ground (2023) - qui ont fait sensation sur le prestigieux label londonien World of Echo après leur premier album éponyme de 2020, ce nouvel opus, Somewhere Good, est à bien des égards l'oeuvre la plus aboutie du groupe. Fidèles à leur style singulier (un adjectif galvaudé pour lequel il n'existe malheureusement pas d'alternative satisfaisante), Clerkin et ses comparses explorent les frontières de la composition pendant plus de 40 minutes festives, sans jamais s'apitoyer sur leur sort, malgré des thèmes intrinsèquement sombres comme l'échec personnel, la maladie, le déracinement, l'agitation et la gentrification. Ils laissent ainsi à leurs arrangements et improvisations tout l'espace et le temps nécessaires pour se déployer, s'épanouir, respirer, s'enrichir mutuellement et, finalement, captiver l'imagination de l'auditeur, tout en conservant une identité sonore plus affirmée que jamais.Bien sûr, on y décèle des influences, si tant est qu'on juge ces comparaisons nécessaires pour apprécier pleinement cette musique (ce qui n'est pas le cas)... Étant le gros Américain un peu simplet que je suis, originaire d'une petite ville ennuyeuse, nourri à la radio alternative des années 90 et aux sonorités exotiques et envoûtantes de Maxinquaye et Mezzanine diffusées par mon vieux téléviseur à tube cathodique, je ne peux m'empêcher de faire une référence assez évidente au « son de Bristol », c'est-à-dire tout le trip-hop, les mélodies pastorales sur fond de crassosité urbaine suggestive des traitements électro\/piano crasseux, les rythmes de cordes de la bande originale de James Bond reconstruits numériquement mais de façon primitive, etc. Mais le Tara Clerkin Trio est tellement plus que cela. On y trouve des éléments d'avant-pop, de musique classique contemporaine, de krautrock, d'audio vérité, et même, oserais-je dire, d'indie rock (non pas du genre à boire de la bière à outrance et à se masturber avec des effets saturés, mais plutôt dans le style d'un Faust mené par Trish Keenan, d'Adrian Sherwood aux manettes d'If You're Feeling Sinister, ou - en poussant notre exploration de cette réalité alternative - d'un monde où High Llamas aurait enregistré un album chez Warp Records avec Andrew Weatherall aux fourneaux).L'horizon brumeux et indéfinissable, tel un mirage, composé d'harmonium lancinant, de contrebasse, d'instruments à vent aux sonorités singulières, de guitare acoustique et de claviers feutrés mais d'une puissance indéniable, s'unit pour un effet hypnotique. Le groupe fait certes des clins d'oeil au jazz, mais il ne s'agit pas d'appropriation, bien au contraire : ils possèdent le talent nécessaire pour développer pleinement ce style. Sous les samples bancals et les ornements percussifs excentriques se cache une batterie d'une grande qualité. Au-delà des envoûtements vocaux manipulés et des moments d'une simplicité mélancolique, se déploient les mélodies subtilement inspirées de Tara, chantées avec une voix qui semble être le ciment de cette équation déjantée. Une constance apaisante imprègne cette exploration musicale par ailleurs imprévisiblement dynamique, audacieusement intuitive et typiquement britannique de leur propre univers.","brand":"Tara Clerkin Trio","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":57482064462168,"sku":null,"price":20260605.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"url":"https:\/\/vinyles.com\/products\/tara-clerkin-trio_somewhere-good_2026_dif_1","provider":"Vinyles.com","version":"1.0","type":"link"}