{"product_id":"franz-schubert_lieder_2019","title":"Lieder","description":"Il y a deux \"Schwanengesang\", celui encore humain, inspiré par la poésie nostalgique de Ludwig Rellstab, et les tableaux hantés des six poèmes de Heine. Gerald Finley fait entendre la fluide poésie des premiers lieder, mettant son timbre en abat-jour, chantant comme dans l’ombre de sa voix, effet troublant que le piano moiré de Julius Drake accroit encore. Et lorsque le geste doit devenir plus impérieux, comme dans \"Aufenthalt\", tout reste contenu par une tension inexorable dont le timbre anoblit la douleur. L’\"Abschied\" filera, doux-amer, Julius Drake piaffant son clavier. Tout cela est suprêmement chanté, mais pourrait suffire chez Heine ? Dès la proclamation d’\"Atlas\" tout change, le timbre se charbonne, les mots se creusent, les phrasés tonnent, ultime geste dramatique avant l’entre chien et loup de ces récitations blanches que sont \"Ihr Bild\" et \"Das Fischermädchen\", Gerald Finley se les chante comme pour lui-même, mots esseulés qui préparent à la traversée du miroir de l’ultime trio : Julius Drake tend les brouillards qui enveloppe \"Die Stadt\", le baryton en grisaille de Finley semble revenir d’un autre monde, spectre de notes qui dira dans une suprême lenteur la poésie vide de \"Am Meer\" avant la rencontre avec le Double, entre silence et cri. Quel moment ! qui refuse tout expressionisme pour trouver dans l’effroi cette musique comme venue de l’au-delà sur le piano triste comme une eau morte de Julius Drake qui n’accompagne pas mais semble jouer lui aussi seul dans un ailleurs. Je crains après ce vide le postlude si tendre de \"Die Taubenpost\", Finley ne change pas la couleur morne de ses mots, comme si aucun espoir n’était permis (alors qu’Hermann Prey mettait ici un sourire, des tendresses qui me bouleversaient) : cette cohérence rend tous ces Lieder plus implacables encore. Surprenante idée d’ajouter à ce cycle de la dissolution celui des Vier ernste Gesäng, paroles de l’Ecclésiaste que Brahms a habillé de ses musiques méditatives, dans la proclamation comme dans la douleur. Gerald Finley n’en a pas ni le timbre profond, ni les mots clairs, sont chant s’y noie, traine, s’épuise, alors revenez plutôt à son \"Schwanengesang\". (Discophilia - Artalinna.com) (Jean-Charles Hoffelé)","brand":"Franz Schubert","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":58138969571672,"sku":null,"price":20191001.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0898\/4943\/0360\/files\/0034571282886.jpg?v=1787352231","url":"https:\/\/vinyles.com\/products\/franz-schubert_lieder_2019","provider":"Vinyles.com","version":"1.0","type":"link"}